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La Turquoise des Globulaires présente une coloration vert métallique variable selon la fraîcheur des individus, tirant parfois sur le bleu. Les ailes postérieures sont uniformément gris brunâtre. Les Jordanita se caractérisent par leurs antennes effi lées et légèrement plumeuses chez les mâles. Comme pour toutes les Turquoises, les femelles, aux antennes filiformes, sont particulièrement diffi ciles à différencier. La femelle de la Turquoise des Globulaires est nettement plus petite et plus trapue que celle de la Turquoise de la Sarcille. Les mâles de J. notata et J. subsolana présentent des antennes plus longues et plus effi lées. Les risques de confusion sont très élevés chez tous ces Procridinae et la certitude n’est acquise qu’après examen de l’armature génitale mâle ou femelle par un spécialiste.
La Turquoise des Globulaires est une espèce à affinités thermophiles, assez localisée, fréquentant les milieux ouverts, les prairies maigres et fleuries, sur terrains sédimentaires (mais non exclusive du calcaire). Les mâles manifestent deux phases d’activité, dont l’une est nocturne entre 23 h et 2 h. La chenille se développe sur les Centaurées (et non sur les Globulaires, comme le suggère le nom que lui attribuèrent les anciens auteurs), et l’adulte butine intensément les Astéracées sur lesquelles il demeure longtemps. Il se repose parfois sur des chaumes de graminées, mais ne répugne pas à s’enfuir rapidement en vol à l’approche de l’observateur.
C’est une espèce univoltine, volant au cours d’une brève période d’apparition, de fin juin à début juillet.
Les adultes se nourrissent principalement du nectar des fleurs, les chenilles dévorent les plantes hôtes.
L’engraissement des prairies maigres, les fauches répétées et l’embroussaillement représentent les principales causes de régression du papillon. Afin d’assurer la préservation de ses biotopes, il convient de maintenir des pratiques agricoles extensives. Des recherches ciblées permettraient de plus de préciser la distribution des espèces appartenant à ce genre.
Les papillons sont les proies de nombreux insectivores, ils peuvent être consommés par d’autres insectes et des oiseaux par exemple.
Cette espèce méditerranéo-asiatique est répandue sur une grande partie du territoire français, mais manque en Bretagne et dans les régions occidentales. La Turquoise des Globulaires est en régression, surtout dans certaines régions du nord de la France d’où elle semble avoir localement disparu depuis plusieurs années ; elle connaît un très fort recul en région parisienne. Elle se montre en populations éparpillées sur les régions accidentées et montueuses en Bourgogne (elle manque en plaine de la Saône), jusqu’aux contreforts du Morvan ; elle est très faiblement observée dans la Nièvre. En Franche-Comté, elle est présente sur le plateau haut-saônois et le premier plateau jurassien, essentiellement en Petite Montagne. Elle ne semble pas dépasser 600 m d’altitude.
DUTREIX C., 2013, Papillons diurnes et nocturnes de Bourgogne, Ouvrage, L'escargot savant : 368p.
LAFRANCHIS T., 2000, Les papillons de jour de France, Belgique et Luxembourg et leurs chenilles, Ouvrage, Coll. Parthénope, Biotope édit., Mèze (France) : 448p.
LAFRANCHIS T., JUTZELER D., GUILLOSSON J-Y., KAN P.&B., 2015, La Vie des Papillons. Ecologie, Biologie et Comportement des Rhopalocères de France., Ouvrage, Ed Diatheo : 751p.